Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

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Patagonia

Depuis exactement un demi-siècle, les amoureux de sports de nature, grimpeurs, skieurs, surfeurs mais également pêcheurs à la mouche connaissent la marque californienne Patagonia, qui outre le fait de fabriquer les meilleurs, les plus beaux et les plus résistants équipements et vêtements « outdoors », a été la première société à reverser une partie de ses bénéfices pour contribuer à la sauvegarde des rivières, des poissons et de l’Environnement en général.

Yvon Chouinard admire la vue du haut du ressaut rocheux qu'il vient d'atteindre.

Patagonia a créé toute une gamme de produits et vêtements dédiés à l'escalade.

Patagonia est une entreprise californienne de vêtements et d’équipements techniques (sacs à dos, sacs de voyages, waders, chaussures…) créée en 1972, par Yvon Chouinard, un Américain passionné d’escalade, de surf et de pêche à la mouche. Jugeant dès 1957 que les pitons et mousquetons qu’il utilise pour l’alpinisme ne sont pas assez solides, il décide de fabriquer son propre matériel en acier réutilisable dans un petit atelier dans l’arrière-cour de la maison de ses parents à Burbank, près de Los Angeles. Il gagne alors sa vie en vendant le matériel qu’il fabrique depuis le coffre de sa voiture.

Patagonia envoyait ses photographes dans les endroits les plus spectaculaires du monde pour promouvoir ses équipements d'alpinisme.

Les fameux shorts de grimpe Patagonia, ultra-résistants et n'entravant pas les mouvements.

Un des premiers pitons forgés par Yvon Chouinard, réutilisable, donc ne "polluant" pas les parois.

La grimpe à main nue est devenue aux États-Unis, comme en Europe, un sport "extrême" à la mode.

En 1965, il s’associe avec son ami Tom Frost, grimpeur et ingénieur en aéronautique. La fabrication artisanale devient alors industrielle, et très vite ils ouvrent leur premier magasin, Great Pacific Iron Works, dans la petite cité balnéaire de Ventura en Californie, un peu au nord de Los Angeles, et très connue pour ses spots de surf. Moins de dix ans plus tard, dans les années 1970, la société Chouinard Equipment devient le premier fournisseur de matériel d’escalade des États-Unis. En 1972, elle décide de remplacer dans son catalogue les pitons qui abîment la roche par des coinceurs en aluminium, inventant la « grimpe propre ». La même année, la société propose des articles et vêtements outdoor solides (anoraks de pluie enduits de polyuréthane, sacs de bivouac ultra-solides fabriqués en Écosse, gants et moufles d’Autriche en laine bouillie, bonnets réversibles etc.), et en 1973 prend le nom de Patagonia.

Tom Frost, Royal Robbins, Chuck Pratt et Yvon Chouinard au sommet d'El Capitan après la première ascension du North America Wall, le 31 octobre 1964.

Patagonia inventa les polaires en polypropylène, véritable révolution.

En 1975, le fabricant de matériels durables et multi-fonctionnels pour les activités outdoor utilise du tissu d’ameublement pour créer des vestes en polaire synthétique, puis crée le sous-vêtement en polypropylène en 1980. C’est un véritable succès commercial, auprès de tous ceux qui pratiquent le camping et les sports de nature et la société en profite pour diversifier ses fabrications, en se lançant notamment dans les équipements destinés à ce qui nous intéresse plus particulièrement : la pêche à la mouche, gilets pour ranger boîtes de mouches et accessoires, vestes de pluie, waders et chaussures de wading, qui sont toujours ce qui se fait de mieux, et j’en parle en utilisateur convaincu depuis plus de quarante ans…

Une des premières ébauches de vêtement en Capilène N.D., matériau fabriqué par Patagonia à partir de bouteilles plastiques recyclées.

Garantis à vie, et même usés jusqu'à la corde, Patagonia remplace gratuitement tous les vêtements de la marque.

Les anciens catalogues Patagonia sont très recherchés par les collectionneurs américains.

Comme Yvon Chouinard est un passionné de pêche à la mouche, Patagonia a très vite, après l'alpinisme et le surf, fabriqué des équipements spécialement dédiés à cette activité.

La gamme de vêtements Patagonia est non seulement très solide mais aussi très chic.

En 1986, la marque de vêtements outdoor conçus pour durer s’engage à reverser chaque année 10 % de ses bénéfices, somme transformée par la suite en 1 % de ses ventes ou 10 % de ses bénéfices avant taxes. En 1987 est créée la société Patagonia Europe. En 1988, le fabricant d’équipements pour la pêche à la mouche lance sa première campagne environnementale nationale en soutenant un projet alternatif de désurbanisation de la vallée de Yosemite dans la Sierra Nevada, en Californie. En 1992, la société conçoit un programme d’étude d’impact écologique des produits. C’est dans cette optique qu’elle abandonne le coton traditionnel pour le coton 100 % biologique. Patagonia est parfois surnommé « Patagucci » en référence à Gucci et à son positionnement sur des produits à la fois beaux, « classe » et premium. En 2011, loin de sombrer dans le greenwashing, Patagonia veut faire réfléchir sur l’hyper-consommation, en réparant et restaurant gratuitement les vêtements de la marque usés, y compris les waders.

 

Patagonia a créé les meilleurs équipements (waders, gilets de pêche, veste, sacs de couchage...) pour la pêche à la mouche "outdoor" pour tous les temps et toutes les conditions.

Dans le sillage d'Yvon Chouinard, de nombreux autres entrepreneurs participent aujourd'hui à la protection de l'Environnement.

En 2022, âgé de 84 ans, Yvon Chouinard, le fondateur de la marque, en accord avec sa femme et ses deux enfants décide de donner 100 % des parts de l’entreprise à un trust chargé de respecter ses valeurs, et à une association environnementale qui récupérera l’ensemble de ses profits. Il en profite pour écrire un véritable testament au profit de l’environnement, publié par tous les grands magazines économiques comme « grand public » américains et européens.

« La Terre est notre unique actionnaire.

Si notre but est une planète où la vie prospère – et non plus gérer une entreprise – chacun d’entre nous devra prendre ses responsabilités. Nous avons pris les nôtres. Je n’ai jamais souhaité devenir un entrepreneur. J’ai débuté en tant qu’artisan et fabriquais du matériel d’escalade pour mes amis et moi-même avant de me lancer dans le textile. À mesure que nous nous sommes rendu compte de l’impact du réchauffement climatique, de la destruction écologique, et de notre contribution à ces phénomènes, nous avons décidé d’utiliser notre entreprise, Patagonia, pour transformer le monde des affaires. Si nous parvenions à faire les choses correctement tout en gagnant assez d’argent pour payer nos factures, nous pourrions influencer consommateurs et entreprises, et peut être changer le système par la même occasion.

Nous avons commencé par nos produits, utilisant des matériaux ayant une faible empreinte écologique. Puis nous avons donné 1 % de notre chiffre d’affaires chaque année. Nous avons ensuite obtenu une certification California Benefit Corporation, inscrivant nos valeurs dans notre charte de société afin d’en garantir leur pérennité. Plus récemment, en 2018, nous avons modifié notre mission d’entreprise qui est devenue “nous utilisons le monde des affaires pour sauver notre planète”.

Faire de notre mieux pour combattre la crise environnementale n’est pas suffisant. Nous devons trouver une façon d’investir massivement dans la lutte contre le réchauffement climatique tout en gardant nos valeurs intactes.“En vérité, aucune des options existantes ne nous convenait. Nous avons donc créé la nôtre.” Une des options était de vendre Patagonia et de donner l’intégralité de l’argent généré par la vente. Ceci n’offrait aucune garantie sur le maintien de nos valeurs ou le maintien de nos équipes autour du monde. Une autre possibilité était de rentrer en bourse. Ça aurait été une véritable catastrophe. Une fois côté en bourse, même les entreprises ayant les meilleures intentions du monde font le choix du gain à court terme plutôt que de penser responsabilité et croissance à long terme.

En vérité, aucune des options existantes ne nous convenait. Nous avons donc créé la nôtre.

Plutôt que de faire notre entrée en bourse nous avons décidé d’appliquer à la lettre notre mission d’entreprise. Plutôt que d’extraire des matériaux naturels afin d’enrichir nos investisseurs, nous utiliserons la richesse créée par Patagonia pour protéger la source de toute cette richesse.

Voilà comment cela fonctionne : 100 % de nos actions avec droit de vote ont été transférées au Patagonia Purpose Trust, dont le but est de protéger les valeurs de notre société ; 100 % de nos actions sans droit de vote ont été transférées au Holdfast Collective, une association à but non lucratif dont le but est de combattre la crise environnementale et de protéger la nature. Les fonds seront transférés par Patagonia : tous les ans, la somme d’argent restante après avoir effectué les investissements nécessaires à la pérennité de notre entreprise sera distribuée sous forme de dividende et financera la lutte contre la crise environnementale.

Cela fait bientôt 50 ans que nous expérimentons autour de cette idée d’entreprise responsable et nous sommes loin d’avoir fini. Si notre but est une planète ou la vie prospère – et non plus gérer une entreprise – chacun d’entre nous devra prendre ses responsabilités. Nous avons pris les nôtres.

Malgré les apparences, les ressources de notre planète ne sont pas infinies et il est clair que nous consommons davantage de ressources que la Terre ne peut en produire. Mais nous croyons en sa résilience et sommes convaincus de pouvoir la sauver si nous le décidons tous. »

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