Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

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La pêche dans la Grèce antique

Dans l’histoire de l’antiquité grecque, la pêche à la ligne ou au harpon, s’est surtout développée dans la mer Égée qui baigne la plupart des côtes du pays.

Lécythes ou vases funéraires à fond blanc, décorés de scènes de pêches, destinées à stocker de l’huile parfumée pour embaumer les corps des défunts.

Dans la Grèce antique, c’est surtout en mer que la pêche s’est développée. À cela deux raisons principales : avec ses côtes découpées, baignées par une mer où abondent les plus délicieux poissons, c’est tout naturellement que ce peuple de marins, s’est tourné vers cette provende, mais surtout les ressources en poissons d’eau douce dans ce pays au climat méditerranéen très marqué, ont toujours été rares, la plupart des rivières s’asséchant pendant l’été.

Dans L’Iliade ou L’Odyssée, Homère fait peu de référence à la pêche ou aux pêcheurs, et uniquement comme parallèle avec la guerre. Ainsi, est décrite la fin du guerrier troyen Thestor : « Patrocle le frappa de sa lance à la joue droite, et l’airain passa à travers les dents; et comme il le ramenait, il arracha l’homme du char. Tel le pêcheur, assis au faîte d’un haut rocher surplombant, attire hors de la mer un grand poisson à l’aide d’un hameçon brillant, tel Patrocle, enleva du char, à l’aide de sa lance éclatante, Thestor, la bouche béante. »

 

Sur cette assiette, un pêcheur à la ligne tente d'attraper les poissons qui ne sont pas rentrés dans la nasse.

Alors que nous l’avons dit, chez les Égyptiens, du moins dans les castes nobles (voir l’anecdote authentique de Cléopâtre et Antoine pêchant dans le Nil), la pêche à la ligne pouvait être considérée comme un amusement ou un loisir, dans l’antiquité grecque cette activité qu’elle fut pratiquée à la ligne ou aux filets, étaient réservée aux basses castes ou aux esclaves. Cette activité était dès lors purement alimentaire et commerciale. À l’inverse, de très nombreux auteurs, dont Homère, relatent les exploits cynégétiques (de chasse) des héros grecs. Hercule ou plutôt Héraclès, terrassera à mains nues dans la neige, le gigantesque sanglier d’Érymanthe en Arcadie, qui terrifiait les populations d’alentour. C’est également à mains nues qu’il étranglera le lion de Némée qui terrorisait les troupeaux et les bergers du Péloponnèse, ce qui constituera d’ailleurs le premier de ses douze travaux. 

Achille et Ulysse, pratiquaient également la chasse, activité noble et virile qui servait d’entrainement pour la guerre. Mais nulle part, Homère à notre connaissance, dans ses poèmes épiques de L’Iliade et L’Odyssée, ne les décrit à la pêche pas plus qu’il ne parle explicitement de poissons.

Dans son Histoire des Animaux, Aristote décrit 110 espèces de poissons marins.

Ce n’est qu’environ quatre siècles plus tard, en 350/380 avant Jésus-Christ, que le philosophe et naturaliste grec Aristote décrira dans son Histoire des Animaux, cent-dix espèces de poissons, marins pour la plupart. S’il ne fait aucun doute, donc, que les anciens grecs connaissaient les poissons qui abondaient dans la mer Égée ainsi que les lignes, les gaules et les hameçons, pour les capturer, ces engins n’étaient utilisés, essentiellement en mer, que pour des besoins alimentaires et non pas récréatifs. Contrairement aux habitudes alimentaires des Romains, qui raffolaient des poissons marins, les Grecs anciens ne semblaient pas les apprécier outre-mesure, leur préférant, et de loin, la viande de bœuf, de mouton ou de chèvre, voire le gibier. Ce qui est d’autant plus étonnant que cinq ou six siècles av. J.-C., à l’époque du fabuliste grec Ésope, Byzance était une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l’entrée du détroit du Bosphore. Et, jusqu’à une période récente, disons le milieu du siècle dernier, Byzance devenue depuis Constantinople ou Istanbul, devait son surnom de Corne d’Or en partie à la richesse des pêches phénoménales de grands thons rouges (Thunnus thynnus) qu’on y faisait depuis certainement les temps préhistoriques. En effet, pour passer de la Méditerranée à la mer Noire et inversement pour leur migration de retour, les bancs de thons géants devaient à cause de la force des courants dans le détroit, passer à ras de terre, où il était relativement facile de les intercepter soit au harpon, soit avec des installations de grossiers filets fixes du type madrague.

Fresque à Akcrotiti dans les Cyclades, les poissons, ici très identifiables, sont des coryphènes, toujours présents aujourd'hui en mer Égée.

La première mouche artificielle jamais décrite nous vient de Macédoine.

Hippouros, la première mouche artificielle jamais décrite : un corps de laine rouge et deux plumes couleur « cire », prélevées sur le cou d'un coq.

Un corps de laine rouge et deux plumes couleur « cire » prélevé sur le cou d’un coq, le tout enroulé autour d’un hameçon en bronze. Cette description, très simple, d’une mouche artificielle, peut-être de la première mouche artificielle, en tous cas la première dont nous ayons une connaissance littéraire, est rapportée par Claudius Aelianus, dit le sophiste, qui enseignait, entre autres, la langue grecque, la zoologie et la rhétorique à Rome au deuxième siècle de l’ère chrétienne.  

Dans le livre XV, premier chapitre de son De Natura Animalium, il nous relate avoir vu sur les bords de l’Astraeus, rivière de Macédoine alors province romaine, des pêcheurs fouettant l’eau avec des cannes et des lignes de six pieds de long, et utilisant cette imitation d’un insecte appelé Hippouros, ressemblant à un minuscule papillon aux ailes très fragiles, pour capturer des poissons dont « la robe est tachetée de points colorés ». Cette mouche était-elle utilisée en « sèche » ou en « noyée » ? Surement un peu les deux ! Aelien ne le précise pas, mais nous pouvons imaginer qu’avant de se noyer (lourd hameçon de bronze et corps en laine), cette mouche, que certains pêcheurs graissaient peut-être, pouvait également être draguée ou « sautillée » à la surface. Quoi qu’il en fût, nous avons avec ce témoignage sans équivoque, la preuve qu’une mouche artificielle était utilisée il y a près de deux mille ans, pour capturer des poissons qui ne pouvaient être (robe tachetée) que des truites, abondantes aujourd’hui encore dans les rivières de Macédoine. Quant aux mouches, dont les ailes, nous dit Aelien se « flétrissaient dès qu’on les touchait », elles étaient à n’en pas douter, de fragiles éphémères. La description de l’imitation de la mouche réalisée avec deux plumes de coq de couleur « cire » sensées certainement représenter les ailes de l’insecte, ne fait, elle non plus, aucun doute.

Claudius Aelianus, professeur romain de langue grecque, décrit dans son livre sur les animaux une partie de pêche à la truite en Macédoine.

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