Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

Le comptoir général présente

Scroller pour découvrir

Hardy’s

Si la maison Hardy a fêté en 2022 son 150ème anniversaire, c’est qu’en 1872, un jeune homme nommé William Hardy s’était installé comme armurier à Alnwick, dans le Nord de l’Angleterre.

Au début du siècle dernier, John James Hardy, frère de William, pêchant le saumon en Écosse.

En 1882, sont imprimés les premiers catalogues exclusivement dédiés à la pêche.

En 1882, dix ans seulement après la création de la maison, William s’associa avec son frère John James passionné de pêche à la ligne. Dès l’année suivante, la société Hardy’s Brothers proposait outre des armes, du matériel de pêche de qualité supérieure pour la rivière et la mer. Dix ans plus tard, en 1882, l’entreprise était suffisamment prospère pour que des catalogues consacrés à la seule pêche, tirés à plusieurs milliers d’exemplaires, présentaient cannes, moulinets, leurres, mouches et accessoires de pêche de la meilleure qualité.

En pleine ère victorienne, la maison Hardy est déjà bien installée et a gagné de nombreux prix.

Le catalogue 1937, année du couronnement du roi George VI et de son épouse, les parents d'Elizabeth II, a été tiré à plus de cent mille exemplaires, ce qui ne l'empêche pas d'être très recherché par les collectionneurs.

Très vite, les deux frères créent

leur propre gamme.

Avant cela, les frères achetaient la plupart des articles qu’ils vendaient. Leurs moulinets, par exemple, provenaient de chez Malloch, célèbre maison de Perth en Écosse. Cependant, au fur et à mesure que l’entreprise se développait, les Hardy se sont retrouvés avec une réputation de matériel de qualité supérieure à défendre et ont réalisé qu’ils pouvaient difficilement continuer à dépendre de produits fabriqués par des concurrents. 

Dès 1882, la maison créée dix ans plus tôt ouvre son premier magasin à Londres, au 61 Pall Mall.

Les étuis de canne Hardy, fabriqués avec les meilleurs cotons égyptiens, étaient beaucoup plus résistants que ceux de leurs concurrents.

Ainsi, en 1891, après trois ans de développement patient, ils ont lancé un moulinet qui deviendra leur produit le plus célèbre. Ils le brevetèrent, et avec une assurance toute victorienne, l’appelèrent le « Perfect ». Comme les moulinets de l’époque, il était en cuivre et de l’extérieur ne se distinguait guère des autres. Mais si l’on démontait la bobine, apparaissait le roulement à billes qui réduisait l’usure et la friction. De plus, pour la première fois, le cliquet présentait un système de tension ajustable qui en faisait une sorte de frein.

Une des nombreuses versions du « Perfect » en différentes tailles, pour la pêche de la truite en mouche sèche.

Le « Perfect » devint le moulinet à mouche le plus célèbre du monde.

Le moulinet « perfect » est fabriqué dans différentes versions sans interruption jusqu’en 1967. À la demande des pêcheurs américains, la production reprit en 1976 et continue encore aujourd’hui. Et, pourtant s’il fût et reste le moulinet le plus amélioré et fabriqué, le Perfect n’en reste pas moins que l’un des cent cinquante et quelques modèles de moulinets à mouche manufacturés par Hardy. La liste serait trop longue pour la publier ici mais y compris sur le continent, les pêcheurs de truites ou de saumons ont entendu parler des Uniqua, Saint George, Saint John, Sunbeam, Zenith, Husky, Barton, Princess, Marquis, Viscount, Prince, Cascapédia, Saint Andrew, Saint Aidan etc. etc., et savent que ces noms sont synonymes de qualité et d’une certaine « touch of class » sur la poignée d’une canne à mouche. Au Royaume-Uni, mais également aux États-Unis ou en France, de très nombreux pêcheurs utilisent encore aujourd’hui des modèles qui ont été achetés par leur grand-père ou arrière grand-père, et qui fonctionnent comme au premier jour, sans se rendre compte que ces moulinets sont de véritables pièces de collection, qui vendus chez Sotheby’s ou Christie’s à Londres ou New York, pourraient leur payer un voyage de pêche de quinze jours en Alaska, pour deux personnes.

La couverture du catalogue 1961 montre que les cannes en bambou refendu étaient encore bien fabriquées à l'époque.

Un grand modèle de Perfect pour le saumon de 4,5 inches de diamètre avec son splendide étui cuir, intérieur en velours rouge. circa 1950/55.

Pour la pêche en mer des grands poissons marins comme les thons, l’espadon, les marlins et les gros requins, les frères Hardy créèrent le « Fortuna » (jeu de mots pour « for tuna », pour le thon), puis l’Alma et les fameux modèles en différentes tailles de « Zane Grey », spécialement fabriqués pour le célèbre pêcheur homonyme, globe-trotter, milliardaire grâce à ses livres, aux droits rachetés par les majors d’Hollywood pour réaliser des dizaines et des dizaines de « westerns ». Lorsque l’on en trouve dans des ventes spécialisées, un Alma ou un Zane Grey se négocient autour de 25 000 à 40 000 dollars… Quand il avait demandé à Hardy de lui fabriquer « son » moulinet pour le Big Game, Zane Grey, n’avait-il pas en 1928, spécifié qu’il voulait le meilleur moulinet du monde, quel qu’en soit le prix. Il est vrai que pour aller pêcher dans tous les océans du globe il avait racheté le gigantesque  Yacht à voile et à vapeur de Bismark, sur lequel il vivait et écrivait ses fameux romans.

Un moulinet de pêche au « tout-gros » rempli de ligne 39 brins en lin tressé.

Le moulinet Zane Grey, totalement inaltérable à l'eau de mer, dans les trois tailles, coûtait tellement cher à fabriquer et donc à vendre, qu'il ne fut en vingt ans fabriqué qu'à moins de 60 exemplaires.

Un peu grâce à Zane Grey, il n’a pas fallu longtemps pour que les produits Hardy acquièrent une renommée mondiale et que des mandats d’exclusivité princiers ou royaux leur soient demandés, un peu partout dans le monde. Pour l’anecdote, une lettre est finalement parvenue à Alnwick, qui avait été adressée à « Hardy’s c/o the King of England ».

Lettre datée de septembre 1908, adressée à la maison Hardy par le secrétaire du prince de Galles.

Non seulement le roi d'Angleterre mais les membres des maisons royales d'Espagne, d'Italie, du Danemark et de Suède, devinrent très rapidement des clients fidèles de la maison Hardy.

Leur gamme de matériel, dans les années 20/30 était tellement complète et énorme, depuis le matériel pour la pêche au coup du gardon, jusqu’à celui destiné aux thons et aux marlins, en passant bien évidemment par les truites et les saumons, voire les barbeaux géants de l’Himalaya ou les gigantesques perches du Nil du Kenya, que les catalogues d’avant-guerre comme celui par exemple de 1929, atteignait 374 pages.

En 1928, sur le Loch Leven, John James Hardy participe à la compétition annuelle.

La devanture de la célèbre boutique du 61 Pall Mall, à quelques encablures du palais de Buckingham.

Hardy possédait des boutiques, bien sûr, à Londres mais également Édimbourg, Glasgow et Manchester.

Pendant les premières décennies, les activités commerciales de Hardy se limitèrent à Alnwick donc dans le Nord de l’Angleterre, d’où étaient effectuées les commandes et livraisons dans le monde entier. En 1897, les deux frères ouvrent une boutique au 61 Pall Mall à Londres, qui est vite devenue, pendant trois-quarts de siècle, le magasin de pêche le plus célèbre du monde. Cette boutique que j’ai bien connue, dans les années 70/80, a hélas dû fermer, peu de temps après, quand les merveilleuses cannes en bambou refendu revenaient trop chères à fabriquer, et que les moulinets Hardy étaient concurrencés à bas prix par de pâles copies fabriquées en Asie du Sud-Est. 

À partir de 1970, le logo modernisé de la maison Hardy.

Depuis deux ans, la marque qui a toujours voulu fabriquer ce qui se faisait de mieux, comme du temps de Zane Grey, a été rachetée, conservée et relancée par le numéro un mondial (donc américain) de fabrication et distribution d’articles de pêche : « Pure Fishing », qui possède également les marques ABU, Mitchell, Fenwick, Shakespeare, Fin-Nor, Stren et bien d’autres. Sinon par son chiffre d’affaires au sein du groupe mais par sa renommée mondiale auprès surtout des pêcheurs à la mouche, Hardy est devenu le fleuron de ce qui se fait de plus authentique et chic chez « Pure Fishing ». Et, c’est parce que nous possédons et exposons au Comptoir Général, une des plus belles collections de matériel Hardy « vintage » des grandes années (cannes en refendu, moulinets, boites de mouches, leurres etc.), que Jim Murphy le nouveau directeur général a décidé d’y célébrer le 150ème anniversaire de la marque.

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