Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

Le comptoir général présente

Scroller pour découvrir

La pêche dans la Rome Antique

Grands amateurs de poissons marins et de pêche, l’histoire raconte que les Romains ont découvert lors de la conquête des Gaules, d’immenses fleuves inconnus chez eux, qui regorgeaient de saumons et autres espèces d’eau douce.

Chez les Romains, grands amateurs de poissons de mer, la pêche à la ligne en eau douce est considérée comme un amusement de la campagne. Martial vante « la joie de sentir un poisson qui se débat au bout de la ligne vibrante. » Virgile, Horace, Juvénal font dans leurs écrits, de fréquentes allusions à la pêche récréative, Pline l’ancien et Ausone lui consacrent des poèmes entiers. Les empereurs Auguste et Néron pratiquaient ce loisir avec passion. 

Mais dans l’Empire Romain, les grands n’étaient pas seuls à apprécier les joies de la pêche. Sur une des fresques de Pompéi est représenté un pêcheur à la ligne, assis au bord d’une rivière, tenant à la main un long roseau auquel est fixé un fil. A ses pieds, un panier en vannerie contient ses nombreuses prises. Pour ce qui est de la pêche en mer, les Romains utilisaient les mêmes techniques que les Grecs : palangrotte, lignes de fonds, filets, nasses, harpons et foënes. Les hameçons destinés à la pêche en mer, trouvés dans les fouilles de Pompéi ou d’Herculanum, étaient longs et forts, en bronze ou en fer étamé. Des modèles beaucoup plus petits certainement destinés à l’eau douce, sont également connus.

Sur cette assiette sont nettement identifiables un sar, un rouget barbet et un flet ou limande-sole... tous poissons appréciés des Romains pour leurs qualités gustatives.

Poissons, crustacés et coquillages.

Au temps de la splendeur de l’Empire, Rome recevait des poissons, des crustacés et des coquillages de toutes les parties des provinces conquises. Certainement la Gaule fournissait-elle, la plus grande partie de ces approvisionnements, d’une part à cause de sa proximité, mais aussi parce que l’industrie de la pêche y était plus développée qu’ailleurs. Si l’on en croit Pline, ce sont les Gaulois qui découvrirent le procédé d’étamer les hameçons pour la pêche en mer, afin qu’ils ne rouillent pas. Les Ligures pêchaient sur tout le littoral de la Provence et du Languedoc. A l’intérieur des terres, le nombre et la limpidité des ruisseaux et rivières, la puissance et la largeur des fleuves, la pénétration des estuaires, les lacs et lagunes offraient pour la pêche une diversité rencontrée dans aucune autre contrée, comme le rapporte César dans ses récits de la guerre des Gaules.

Cette splendide mosaïque de Pompéi représente la plupart des poissons communs aux côtes romaines de la Méditerranée: Loup, sar, roussette, girelle, murène, rouget barbet, mulet, daurade royale, rascasse, ainsi que des crustacés (langouste, crevette) et des mollusques, pieuvre et calmar.

Les conseils de Plutarque aux pêcheurs.

Plutarque, né en Grèce mais devenu citoyen Romain au premier siècle de notre ère, donne aux pêcheurs des conseils qui n’ont rien perdu de leur valeur : « Avant tout, la gaule doit être assez forte pour résister aux secousses violentes du poisson qui a mordu, mais elle doit aussi être mince, car, trop grosse, elle projette sur l’eau une ombre qui éveille la méfiance des poissons. Le crin qui porte l’hameçon doit être aussi blanc que possible, car plus il est blanc et moins il est visible dans l’eau. «    

Mais, c’est Ausone (Ausonius), né en 309/310 à Bordeaux, dont les nombreux écrits nous sont restés, qui a le plus et le mieux célébré la pêche et les poissons des grands fleuves de la Gaule « romaine ». Homme politique, homme de lettres et pédagogue gallo-romain proche de l’empereur Gratien, il fut nommé préfet des Gaules en 378. En poste à Trèves, importante ville de l’Empire romain, située aujourd’hui en Allemagne près de la frontière luxembourgeoise, il chanta dans une ode à la Moselle qui traverse la ville, la pêche et les poissons de cet important affluent du Rhin. Il fut l’un des premiers poètes à parler du saumon et de la truite saumonée (en fait la truite de mer qui remontait elle aussi le cours de la Moselle). « Je ne te passerai pas sous silence, ô saumon, toi dont la chair a l’éclat de la pourpre ; du milieu des abîmes marins, les coups vagabonds de ta large queue se répètent à la surface de l’onde endormie de la Moselle. »   

Mosaïque sur un tombeau carthagénois représentant des poissons de roche.