Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

Le comptoir général présente

Scroller pour découvrir

Papillons de jour et papillons de nuit

Si nous connaissons et collectionnons surtout les papillons diurnes ou de jour, environ 20 000 espèces actuellement connues de la Science, les papillons de nuit seraient au moins au nombre de 200 000, soit dix fois plus nombreux.

Les scientifiques parlent de papillons diurnes ou Rhopalocères et de papillons nocturnes ou Hétérocères. Les premiers qui intéressent le plus les collectionneurs comme le grand public, du fait surtout de leurs ailes colorées, sont pourtant et de très loin les moins nombreux. Mieux connus, même des entomologistes (scientifiques qui étudient les insectes, dont les papillons, mais pas que…), les Rhopalocères ou papillons diurnes, seraient représentés par environ vingt mille (20 000 ) espèces connues de la Science et certainement quelques milliers d’espèces seraient encore à découvrir dans les jungles tropicales et autres forêts de la planète.  La Science connaît environ dix fois plus d’espèces d’Hétérocères ou papillons nocturnes, soit entre cent cinquante et deux cent mille (150 000 et 200 000) et dont sûrement plusieurs dizaines de milliers d’espèces sont encore à découvrir. À titre de comparaison, les mammifères dont nous faisons partie ne sont représentés que par environ 4600 espèces répertoriées.

Les Rhopalocères ainsi appelés parce que leurs antennes sont terminées en forme de massue (du grec Rhopalon), se tiennent au repos avec leurs ailes généralement repliées ou jointes vers le haut, ou alors, mais moins fréquemment totalement étalées, laissant apparaître leurs magnifiques couleurs. Les Hétérocères ou papillons nocturnes présentent eux des antennes caractéristiques, beaucoup plus volumineuses, dites plumeuses ou en forme de peigne. Au repos leurs ailes généralement assez ternes (grises ou brunâtres) sont repliées en forme de toit sur leur dos. 

Des ailes recouvertes d’écailles.

Ces deux « groupes » de papillons, présentent toutefois une caractéristique commune, qui les fait appartenir à l’ordre des Lépidoptères, nom scientifique des papillons en général, c’est à dire de posséder des écailles (souvent minuscules) sur leurs ailes. Du grec lepis (écaille) et pteros qui signifie aile. Ces écailles sont empilées sur les ailes comme les tuiles sur un toit. Quand on attrape un papillon et qu’on touche ses ailes, la poudre qui reste sur nos doigts est en fait constituée d’un amas de ces minuscules écailles. Ce qui n’empêchera pas ensuite le papillon de voler, pourvu que la membrane transparente sur laquelle sont empilées les écailles ne soit pas déchirée. C’est la pigmentation des écailles qui confère aux différentes espèces de papillons leurs couleurs si différentes les unes des autres.  Ces colorations qui peuvent rivaliser avec les plus abouties ou sublimes des peintures, ont en fait deux grandes fonctions : permettre l’identification des congénères et donc l’accouplement au sein d’une même espèce, mais également tromper les prédateurs en imitant une feuille ou une fleur, voire les effrayer par certains motifs comme les ocelles qui imitent des yeux. 

Les papillons nocturnes dix à vingt fois plus nombreux que ceux de jour.

En France métropolitaine, on comptabilise environ seulement 250 espèces de papillons de jour (Rhopalocères), dont quelques-unes ont hélas aujourd’hui disparues, alors qu’on a répertorié environ 5000 espèces de papillons nocturnes (Hétérocères), soit près de vingt fois plus. A titre de comparaison, il y aurait dans le seul « petit » département de la Guyane française, au moins cent fois plus d’espèces de lépidoptères (diurnes et nocturnes confondus), qu’en France métropolitaine. Les entomologistes du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris identifient tous les ans dans les forêts guyanaises des dizaines de nouvelles espèces de papillons, surtout nocturnes, il faut bien le reconnaître.  

En France métropolitaine, des papillons en danger d’extinction.

Dans toutes nos régions d’agriculture intensive (blé, maïs et autres céréales ou monocultures comme le colza), les pesticides ou comme il faut dire pour être politiquement correct, les produits « phytosanitaires » agricoles, détruisent les insectes en général, au premier rang desquels les chenilles de très nombreuses espèces de papillons, les coléoptères (scarabées, coccinelles, hannetons etc.), les sauterelles et quand après des pluies, ces produits se retrouvent dans les ruisseaux et rivières, ils anéantissent les larves ou les adultes de très nombreuses familles d’insectes qui effectuent une grande partie de leur cycle de vie dans l’eau, comme les libellules, les éphémères, les phryganes et de nombreux diptères chers aux pêcheurs à la mouche.

Ceux d’entre nous qui ont plus de soixante ans se rappellent qu’au printemps et en été, il fallait avant les années quatre-vingt nettoyer tous les cent ou deux cent kilomètres les pare-brises de nos automobiles où s’écrasaient des papillons, et si la route bordait une rivière des centaines d’éphémères ou de phryganes. Cela fait longtemps que « grâce » (ne soit pas rendue) aux pesticides, pardon, phytosanitaires agricoles, ce travail de nettoyage des pare-brises n’est plus nécessaire. D’après de nombreuses études européennes, la diminution de plus de 70 % des oiseaux sauvages de nos contrées, au cours des trente dernières années, tient essentiellement au fait qu’ils n’ont plus d’insectes à manger…

Il n’est guère que dans quelques régions encore « sauvages » de Bretagne (les monts armoricains), du Massif Central, du Jura, des Pyrénées ou des Alpes, dans des vallées trop encaissées pour y faire pousser et surtout récolter des céréales, qu’on trouve encore de belles populations de papillons et d’autres insectes. Le plus bel exemple est aujourd’hui représenté en Provence, par la haute vallée de la Durance et de la Bléone autour de Dignes-les-Bains, dans le département des Alpes de Haute-Provence.  C’est dans cette petite vallée, que les spécialistes du Muséum Nationale d’Histoire Naturelle comptabilisent encore aujourd’hui environ 135 espèces différentes de papillons de jour (Rhopalocères), soit sur un territoire très réduit, plus de la moitié des papillons diurnes répertoriés dans tout l’Hexagone. À tel point qu’a été créé il y a une quinzaine d’années, sur la commune de cette petite sous-préfecture, un Jardin des Papillons ouvert au public. Dans un très beau et sauvage cadre naturel, selon les saisons, parents et les enfants peuvent y découvrir des dizaines et des dizaines d’espèces différentes de papillons ainsi que les plantes dont ils se nourrissent.