Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

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La pêche du
XVII au XIX siècle

Trois dates sont ici à retenir, la parution du « Compleat Angler » (le parfait pêcheur) d’Izaac Walton en 1653, celle du « Pêcheur français » de Kresz en 1818  et « Le pêcheur à la mouche artificielle » de Charles de Massas en 1852.

Dans le royaume de France, à peu près en même temps que le « Compleat Angler », parut en 1660, la première édition des « Ruses innocentes dans lesquelles se voient comment on prend les oyseaux passagers et les non passagers, et de plusieurs sortes de bêtes à quatre pieds. Avec les plus beaux secrets de la pêche dans les rivières et les étangs et la manière de faire tous les rets et filets qu’on peut imaginer. »

Ce livre, signé F.F.F.R.D.G. autrement dit Frère François Fortin Révérend de Grammont dit le Solitaire inventif, inaugurait un genre qui fut maintes fois repris jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Au chapitre de la pêche y est notamment décrit pour la première fois l’invention et la fabrication de l’épuisette, instrument qui permet de sortir un gros poisson de l’eau sans risquer de casser le bas de ligne.

Parut en 1660, la première édition des "Ruses innocentes dans lesquelles se voient comment on prend les oyseaux passagers et les non passagers...”

Il faudra ensuite attendre plus de cent cinquante ans, pour qu’un ouvrage en langue française apporte réellement du nouveau en matière de pêche à la ligne. Avec « Le Pêcheur Français » publié pour la première fois en 1818, Kresz Ainé, qui était fabricant d’ustensiles de pêche et de chasse à Paris, pose les bases de la pêche sportive moderne, à peu de choses près telle que nous la connaissons aujourd’hui. « Je suis allé à Neuilly sur Marne, à trois lieues de Paris, vers la fin d’octobre 1818. Il était à peu près dix heures du matin lorsque j’arrivai. Mon jeune élève m’attendait avec impatience. Je lui dis : jetez maintenant votre appât, ce beau goujon fera bien l’affaire,  au-delà de ces herbes, et laissez le descendre jusqu’au fond ; faites le remonter jusqu’à ce qu’il soit près de la surface de l’eau ; laissez le descendre encore… Faites le remonter… tirez un peu à droite et à gauche… laissez-le descendre de nouveau… faites le remonter doucement… retirez-vous un peu en arrière, et faites approcher l’appât du bord. Rien n’a mordu. Ne perdez pas patience… Jetez l’appât plus loin et recommencez à le faire monter et descendre. » C’est exactement la technique dite du « mort manié » utilisée aujourd’hui par des centaines de milliers de pêcheurs au lancer pour capturer sandres et brochets. 

Pêche au coup ou pêche à la mouche ?

Pour la pêche à la mouche artificielle, il nous faudra encore attendre quelques décennies, puisque c’est en 1852 que Charles de Massas publie son « Manuel du Pêcheur à la mouche artificielle« . À l’époque de Daumier, Charles de Massas a le courage d’écrire : « Il faut bien cependant le reconnaitre, la pêche stationnaire, telle qu’elle est généralement pratiquée, fournit et fournira toujours mille et un sujets à la satire. Mais hâtons-nous de le dire, s’il est impossible de méconnaitre tout ce que la pêche au coup produit de risible ou de funeste, il est une autre pêche qui, bien qu’exercée à l’aide d’une ligne, n’autorise pas les reproches adressés de toutes parts à ce célèbre instrument à deux bouts. C’est la pêche à la mouche artificielle. Autant la première exige d’abnégation intellectuelle et de nonchalance physique, autant la seconde demande d’études et d’activité. » 

À notre connaissance Charles de Massas est le premier pêcheur français à avoir pris un saumon à la mouche artificielle. En 1826, alors que fonctionnaire de l’Enregistrement en poste à Sedan, il relate avec force détails dans son livre, qu’accompagné d’un guide local, il prit après plus d’une demi-heure de lutte, avec un fin bas-de-ligne destiné aux truites, un saumon de sept livres. Cet exploit, car avec le matériel de l’époque, s’en était un, eut lieu à Bouillon, dans la rivière Semois, affluent de la Meuse. Un autre saumon estimé à une quinzaine de livres, lui échappa.