Il existe un monde mystérieux.

Un labyrinthe appelant à la flânerie onirique et au réveil de la nostalgie. Dans cet univers aux décors immersifs, l’imaginaire conduit à l’inspiration et à la rencontre de l’autre. De l’inconnu. Le temps s’y est arrêté entre passé et futur, à cet instant où l’impossible devient possible.

Une utopie merveilleuse.

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Portrait de Pierre Clostermann

Pierre Clostermann est un aviateur français qui s’est distingué au cours de la Seconde Guerre mondiale. Surnommé « Premier chasseur de France », il est fait Compagnon de la Libération avant de devenir un homme politique, un écrivain et un industriel dont la grande passion après l’aviation, fut la pêche sportive.

Le général de Gaulle l’avait décoré comme premier chasseur de France, mais au sein du BGFCF (Big Game Fishing Club de France) qu’il avait fondé, comme au sein de l’IGFA (International Game Fishing Association) dont il fut administrateur, Pierre Clostermann revendiquait encore plus le titre de premier pêcheur de France et probablement d’Europe. Ses combats n’étaient plus aériens et vrombissants, menés à partir de son Spitfire Tempest, mais c’est sur l’eau, qu’il les engagea pendant plus d’un demi-siècle à partir de superbes yachts ou de simples barcasses comme à Sesimbra (Portugal), ou encore les pieds plantés dans le sable comme à Nouadhibou (Mauritanie). Car Pierre Clostermann pêchait partout dans le monde, tout ce qui porte écailles et nageoires, que ce soit en eau douce ou dans les océans.

Des perches du Nil ou « capitaines » africains aux plus énormes marlins australiens, des truites normandes aux grands requins blancs, des thons de Bimini aux tarpons de Sierra Leone (dont il détient toujours un record du monde), il parcourut la planète avec ses cannes et ses moulinets. Mais comme Zane Grey, son « poisson de cœur » fut le véritable espadon : Xiphias gladius. Même s’il n’en captura que sept en plus de trente ans de traque, ces poissons combattus à la loyale, mano a mano, valaient pour lui plus que tous les autres. Je me souviens d’ailleurs quand je l’ai rencontré pour la première fois, au dîner du Fario Club, c’était en novembre 1967, et il avait pris trois semaines auparavant, au large du Portugal, dans une mer qui forcissait, son plus gros Xiphias. Dans les salons de l’hôtel Ritz, il nous raconta, et il racontait aussi bien qu’il écrivait, qu’après sept heures de combat, alors que la nuit était tombée depuis une heure, il ne dût la capture de cet espadon, lui qui était farouchement anti-communiste, qu’à un énorme cargo soviétique dont le capitaine qui l’avait repéré lui et son marin dans des creux de plus de deux mètres, manœuvra pour d’une part éclairer la scène, mais surtout pour de son énorme coque faire rempart aux vents du grand large et aplanir l’océan. C’est la seule fois qu’il fut, nous dit-il, applaudi par des soviétiques. Quand ils réussirent à embarquer l’espadon à bord de leur coque de noix, sous les projecteurs du cargo, tout l’équipage était sur la rambarde…

Né le 20 Février 1921 à Curitiba, au Brésil – son père était diplomate –, il étudie à Paris, puis retourne au Brésil où il obtient son premier brevet de pilote en 1937. Il étudie ensuite l’aéronautique aux USA jusqu’en 1942, puis rejoint en Angleterre l’Armée de l’Air Française Libre – Free French Air Force. Le 27 Juillet 1943, il remporte ses deux premières victoires en une seule sortie.

Une photo fameuse prise en 1945, le montre assis dans le cockpit de son avion Tempest, baptisé « le grand Charles », où l’on voit 32 croix sur le fuselage, correspondant à ses victoires homologuées. Il est en fait crédité de 38 victoires aériennes dont 14 individuelles. Il fut l’un des premiers pilotes à se poser sur le sol français lors du débarquement de Normandie. Il termine la guerre avec le grade de capitaine. Ses exploits militaires lui valent la Croix de Guerre avec palme, la Croix de la Libération, l’American Silver Star, deux DFC et bien d’autres décorations.

En 1948, il publie chez Flammarion,  » Le grand cirque « , ses souvenirs de guerre, qui connut un immense succès – (le meilleur livre écrit sur la deuxième guerre mondiale, selon William Faulkner ). Après la guerre, il devient député gaulliste et sera réélu 8 fois. Il eut parallèlement une grande carrière d’écrivain à succès, avec notamment « Des Poissons si Grands », « Spartacus », « Mémoires au bout d’un fil », récits halieutiques qui ont fait rêver des millions de pêcheurs et suscité bien des désirs d’aventures. 

En 1965 il fonda notre club, avec des grands noms de la pêche sportive, comme Guy Real del Sarte, Georges Pouquet, Estier de Bois Lambert, de Genevray. L’année suivante il est nommé représentant de l’ IGFA au poste qu’occupait auparavant Ernest Hemingway. Pierre Clostermann fut l’un des plus grands pêcheurs sportifs de tous les temps et son influence sur la pêche sportive et son éthique a été considérable, en France comme aux Etats-Unis.